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La technique de sel humidifié... ou la bouillie de sel

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publié le 2 août 2005 (modifié le 19 septembre 2018)

Pour amorcer le processus de fonte, le sel en grains capte l’eau dont il a besoin pour agir. Il s’écoule donc un certain temps après son épandage pour qu’il passe en solution et devienne actif.
Pendant ce temps :
- le verglas ou la neige subsiste sur la chaussée malgré l’apparence de sécurité donnée par le passage de la saleuse,
- une partie du sel répandu est éliminé par la circulation.

Par ailleurs, en dessous de -7/-8°C, la teneur en eau libre est trop faible pour amorcer convenablement le processus de fonte. A ces températures, l’action du sel en grains est donc stoppé de ce fait.

Pour éviter ces inconvénients, une solution consiste à dissoudre le sel et à le répandre directement sous forme de saumure. Le sel ainsi dissous agit instantanément. Mais la saumure répandue va se diluer rapidement par l’apport d’eau provenant de la fonte ou de l’humidité de l’air. Son action est donc limitée dans le temps.

Illustration route enneigée
La bouillie consiste à répandre simultanément du sel en grains et de la saumure conjuguant ainsi les avantages des deux procédés :
- la saumure attaque directement la couche de glace ou de neige,
- au fur et à mesure de la dilution de la saumure, le sel en grains fond, maintenant une concentration suffisante de la saumure et prolongeant ainsi son efficacité,
- du fait de l’apport d’eau, le mélange reste efficace jusqu’à des températures ambiantes voisines de -10/-12°C.

De plus, la présence de la saumure améliore l’adhérence du sel en grains sur la surface de la chaussée et limite son évacuation par le trafic. On pourra donc réduire le dosage de sel en grains et diminuer ainsi le coût du salage à efficacité égale.

Le dosage respectif de la saumure et du sel sec doit correspondre à la nature du phénomène à traiter :
- lorsqu’un traitement est nécessaire, on préférera utiliser le sel en grains sans saumure en cas d’abondance d’eau sur la chaussée (neige mouillée par exemple),
- on ajoutera 30% de saumure, voire plus au sel sec pour assurer une intervention précurative sur une route sèche.

Entre ces deux extrémités, il suffit de limiter à deux valeurs le choix des taux de mouillage en les déterminant préalablement par des essais successifs pour prendre en compte le climat du secteur, sa géographie, la nature des intempéries généralement constatée, le niveau du service attendu....

Choix des taux de mouillage

Définition du taux de mouillage
On appelle taux de mouillage le rapport :
(Quantité de saumure épandue / Quantité de sel en grains répandue).

Par exemple : un épandage de 20 g/m² de sel mouillé par 4 cm3/m² de saumure, soit 4,7 g/m² de saumure correspond à un taux de : 4,7/20=23,5% (densité de la saumure : 1.1722)

Choix des valeurs du taux de mouillage

En pratique, il est inutile de multiplier le nombre de taux de mouillage ; l’utilisation de deux valeurs distinctes s’avère suffisante.

Dans ce qui suit, sont considérés :
- taux 1 : la valeur du taux de mouillage qui permet de vider deux trémies de sel pour un seul remplissage des bacs à saumure,
- taux 2 : la valeur du taux de mouillage qui permet de vider simultanément la trémie de sel et des bacs à saumure sur un même traitement.
La valeur du taux 2 est donc double de celle du taux 1.

La détermination de la valeur pratique des taux 1 et 2 dépend de la situation du matériel :
- Déjà acquis : la rapport des volumes emportés en sel est saumure est fixé. La taux 2 se rapprochera donc de ces volumes. Le taux 1 sera égal à la moitié du taux 2.
- à acquérir : on visera une valeur du taux 2 voisine de 30% et un taux 1 voisin de 15%

Exemple : usage normal de la bouillie de sel :

Traitement précuratif :

Selon le phénomène annoncé, on visera un dosage de 10 ou 20 g/m² de sel avec un mouillage dont le taux sera fonction de la chaussée (taux 1 et taux 2) ou absence de mouillage (taux 0) :
- route ruisselante : traitement déconseillé
- route mouillée : taux 0
- route humide : taux 1
- route sèche ou quasi-sèche : taux 2

Traitement curatif :

L’apport de saumure accélère la dissolution du sel, voire, en cas d’absence d’eau libre, permet le démarrage de la fusion.
- givre : taux 1
- film de verglas : taux 1 avec de préférence du sel assez fin
- verglas épais : taux 2 en re-salant rapidement si la température de l’air n’a pas remonté (risque de dilution et de reprise en masse)
- neige mouillée : taux 0 attention salage uniquement si le sol est froid
- neige humide : taux 1
- neige froide : taux 2 (attention salage uniquement si collage sur la chaussée et tendance au compactage)

Grammage associé :

Les quantités d’eau mises en jeu sont très importantes en traitement curatif ; il convient donc de ne pas descendre trop bas en dosage, une valeur de 15 ou 20g de sel en grains (+ la saumure) paraissant un base compatible avec les rotations de traitement sur le réseau ordinaire.
Un dosage plus faible ( environ 10g/m²) pourra être appliqué sur le givre ou le verglas très fin.

Usage simplifié de la bouillie de sel

Une valeur unique du taux de mouillage (taux 1 ou taux 2).

A titre indicatif, la valeur de ce taux unique pourra être celle :
- du taux 2 : sur les grands axes, dans les régions classées en zones H3 et H4
- du taux 1 : sur les axes secondaires : circuits plus longs avec une plus grande autonomie en taux 1 (traitement plus tardif et donc moins vigoureux), dans les régions classées en zone H1 et H2 (la limitation volontaire de l’usage de la saumure en taux 1 ne nécessite qu’un investissement limité en matériel de fabrication et de stockage).

Modulation le long d’un itinéraire hétérogène

Le long de certains itinéraires, la variation des paramètres micro-climatiques (altitude, exposition au soleil, humidité...) conduit à une manifestation de différents phénomènes.
Pour atténuer ces différences, on peut être amené à moduler le taux de mouillage.

Par exemples :
- route montant en altitude, chute de neige lourde en plaine, froide en montagne (taux 0 en bas, taux1 à mi-pente, taux 2 vers le haut)
- route dont l’exposition varie (taux2 pour les zones à l’ombre, pour les zones exposées : taux 1 la nuit, taux 0 le jour).

Il est évident que cette tactique de salage suppose des personnels d’intervention bien formés, compétents et très motivés.
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